Septembre 2025
Parmi les trois versions de ce motif, réalisées du même endroit, la vue de celle-ci est la plus plongeante. Les tonalités en sont plus claires et la végétation y tient une plus grande place. La cheminée de l’usine est, elle, notablement réduite par rapport aux deux autres versions.
La dense forêt de pins vert-foncé de L’Estaque-Riaux dirige l’attention vers le bas du tableau et ses maisons éparses. Mais dans le coin supérieur, on découvre un deuxième paysage qu’isole un pin oblique et un peu plus à gauche on découvre la mer.
Voici une œuvre montrant un groupe de maisons installées sur un triple rang de pierres blanches. La composition en contre-plongée donne une impression de monumentalité à un ensemble de demeures très modeste perdu dans la colline et qui appartenait à la famille du sculpteur Puget. Un jeu d’ombres et de lumières donne du volume à l’ensemble. L’ocre et le vert sont, ici encore, privilégiés.
Peinte pour Victor Choquet, cette œuvre passera ensuite à l’homme de lettres Octave Mirbeau, ardent défenseur du peintre. On y reconnait en haut du vallon de Riaux, la route qui mène à la Nerthe. Malgré l’importance des masses rocheuses, une grande place est laissée au ciel, ce qui allége le tableau. Ceci est encore amplifié par la couleur jaune clair des rochers qui se méle au vert de la végétation.
Il a neigé à L’Estaque pendant l’hiver 1870-1871. Cette toile reste encore de la première manière du peintre où domine souvent le bitume, manière dont il s’affranchira bientôt. Elle nous montre de pauvres masures branlantes, tapies dans des rochers qui les écrasent et semblent prêts à s’effondrer sur elles. Le mouvement tournant du chemin blanchâtre et du ciel glauque semble les emprisonner. Seul un toit rose éclaire la scène qui reste néanmoins angoissante.
Ce tableau dont la photo fût annotée L’Estaque 1870 par le fils de Cezanne est actuellement titré Paysage avec moulin à eau. En fait, il représente vraisemblablent un four à chaux comparable à celui d’une œuvre de Guigou de la même époque. On peut même supposer qu’il montre le four de Dominique Sucon, avec en arrière plan, la route de la Nerthe et à gauche le riou qui aboutit à la mer en bas de L’Estaque-Riaux. L’œuvre apparait bien comme charnière entre les différents styles du peintre à L’Estaque
Une œuvre dans laquelle l’église et les rochers sont frappés par la lumière en opposition avec une mer, un ciel et des bosquets plus sombres . De petites taches orangées éclairent et soulignent le tracé de la côte. La profondeur de la scène est donnée par les verticales du clocher et des cheminées. C’est bien L’Estaque que l’on voit et non Saint-Henri.
Le peintre nous monte ici une Estaque idyllique, dont on ne peut dire si elle fut peinte à partir d’un bateau. L’église, le restaurant Mistral et partout la verdure, c’est là le petit village qu’aime Cezanne. Le progrès, l’invasion des bipèdes, les becs de gaz et pis encore, l éclairage électrique, l’amèneront à déserter définitivement le site si l’on en croit sa lettre de Septembre 1902 à Paule Conil, nièce de l’artiste.
Nous voici au fond du vallon de Riaux. On aperçoit en haut à droite un rocher, toujours existant, au bord du chemin de la Nerthe. La ligne de chemin de fer court dans le ravin avant d'entrer dans le tunnel. Les masses rocheuses, dont les volumes sont rendus par des hachures verticales, sont oppressantes, le ciel est presque absent du tableau.
Cette huile illustre bien la période dite constructive du peintre. L’enchevêtrement de lignes horizontales et verticales rythme le tableau. Le groupe de maisons figuré ici, est toujours visible du haut de la traverse Fabre d’où Cezanne peindra aussi son Village de pêcheurs au cadrage si particulier. On notera combien le dessin ayant appartenu au galeriste Maurice Renou, est proche du tableau.
Cette composition en plongée accentue la verticalité des arbres qui occupent toute la toile. Ils sont comme un rideau derrière lequel le paysage est en grande partie caché. La mer et le ciel sont réduits au minimum. Le rocher au premier plan donne de l’assise à la composition.
Cette œuvre appartint tout d’abord à Ali LOEBL qui fût impliqué dans la constitution de la «collection» Gœring pendant la seconde guerre mondiale puis acquitté faute de preuves. Le tableau représente la tour Saumaty et ses environs. De nombreuses verticales rythment l’espace. Un premier plan incurvé, vert et ocre, oriente le regard vers la droite où se perd le sentier du premier plan.
Une vue lointaine et plongeante nous montre l’ouest de L’Estaque. La mer occupe le centre de la scène. Elle est barrée par la pointe de Corbières dont on ne voit pas l’extremité. Sous ce paysage, Cezanne avait d’abord peint un portait de femme avant de réutiliser la toile.
Ce baigneur a-t-il vraiment été peint à L’Estaque ? Rien ne le dit mais c’est bien là qu’il est mis en scène comme le montre l’arrière- plan avec à gauche la falaise et à droite le château d’If et l’ile Maire. Dans d’autres versions de ce motif, seule figure la falaise. Le thème des baigneurs est fréquent chez Cezanne. Et si l’on en croit Vollard, Renoir lui racontait avoir trouvé un tableau de baigneuse abandonné par le peintre dans les collines de La Nerthe !